Yahoo a posé une question à cinq chiffres à des Canadiens de milieux différents : si vous aviez 10 000$ pour faire du monde un meilleur endroit d’une quelconque façon, comment utiliseriez-vous l’argent?
Les réponses ont varié grandement, d’un plaisantin qui suggère d’acheter des passeports à tous des politiciens américains afin qu’ils visitent le monde (environ les deux tiers des membres du Congrès n’ont pas de passeport) à un enseignant d’une école primaire de Vancouver qui encourage un investissement global dans « l’amour ».
La question nous incite à penser à ce qui nous préoccupe le plus pendant la période des Fêtes. Nos dons pourraient servir à paver un meilleur futur ou à donner un peu de répit dans l’immédiat dans les rues que nous empruntons tous les jours.
Mes intérêts personnels m’ont attiré vers les arts, surtout vers l’art qui présente une vision différente du monde, car c’est là l’essence de la liberté artistique. Toutefois, quand je regarde la situation de survie dans le secteur Downtown Eastside de Vancouver et que je vois l’importance du travail réalisé par le centre d’injection supervisée Insite pour aider les gens accros à la drogue, je vois là l’essence de la compassion.
Alors, j’ouvrirais la mallette imaginaire et tendrais 5000$ à la Portland Hotel Society afin de venir en aide à Insite et donnerais les 5000$ restants à la Vancouver Foundation qui soutient les arts.
Michael Byers, professeur à l’Université de Colombie-Britannique, chroniqueur politique et auteur du livre Intent for a Nation (Douglas & McIntyre), a noté qu’il y a environ 3000 sans-abri dans le Grand Vancouver. Il donnerait la somme en entier à Judy Graves, militante pour le droit à un logement de la ville de Vancouver. « Elle pourrait sortir cinq à dix personnes de la rue et leur trouver un logis, première étape de la reconstruction de leur vie. »
Michael Green, directeur artistique du théâtre One Yellow Rabbit de Calgary abonde dans le même sens : «Je pourrais avoir le plus d’impact près de chez moi avec un don au Refuge d’urgence pour femmes de Calgary, où plusieurs femmes et enfants trouvent refuge et réconfort».
L’écrivain torontois Wayne Roberts, auteur du livre récent The No-Nonsense Guide to World Food, reconnaît la signification spirituelle des dons de saison et, par conséquent, ferait une donation qui aurait une « vie continuelle ».
«J’identifierais des programmes scolaires qui se concentrent sur l’alimentation locale, dit M. Roberts. L’argent pourrait servir à une visite au marché où les élèves pourraient rencontrer des producteurs locaux. Je souhaiterais que ça devienne un intérêt réel et que les élèves puissent aider à mettre en place un mouvement de soutien à la production alimentaire locale.
Alex Forgay, un élève torontois de neuf ans de l’école publique Forest Hill, dit qu’il investirait ses dollars qui-font-du-bien dans de nouvelles inventions qui aideraient à ralentir le réchauffement de planète. Le journaliste David Swick donnerait de la chaleur d’une autre façon en cofondant le premier hospice d’Halifax qui réconforterait les malades et les mourants.
L’enseignante au primaire de Vancouver Karen Hudsak aime l’idée de distribuer de la richesse pour partager de l’amour: « la plupart d’entre nous cherchent l’amour et c’est une des seules choses qui n’est pas enseignée explicitement. On apprend en regardant ceux qui aiment. Pour moi, c’est mon professeur de dharma. Pour un autre, ça peut être une dame de 81 ans qui montre à quelqu’un comment tricoter des chaussons, ou encore une organisation qui rend la vie de mères plus faciles afin qu’elles puissent prendre soin de leurs enfants plus facilement, sans soucis, parce qu’elles ne sont pas tracassées par comment elles arriver à payer les factures ou trouver une garderie. Amour, donnez l’amour ».