Simon-Olivier Côté, 29 ans
Le développement régional avant tout
«N'allez pas où le chemin peut mener, allez là où il n'y a pas de chemin et laissez une trace.» Cette citation de l’essayiste et poète états-uniens Ralph Waldo Emerson décrit à merveille le mode de vie de Simon-Olivier Côté. Pour le jeune homme de 29 ans, rêver ne suffit pas. Il faut agir. Foncer. Apporter sa contribution, si petite soit-elle.
Au début de la vingtaine, alors qu’il vient de décrocher un Diplôme d’études collégiales en informatique au Cégep de St-Félicien, Simon-Olivier décide de partir à la découverte de la planète. Il occupe différents boulots pour financer son voyage, devenant notamment cuisinier et aide-charpentier à Whistler, en Colombie-britannique, et professeur de français à Bangkok, en Thaïlande. À son retour, il sait qu’il s’apprête à entreprendre un chapitre important de sa jeune vie. «Mon tour du monde m’a fait prendre conscience qu’il y avait des problèmes partout, mais aussi chez nous. C’est surtout l’aspect environnemental et le développement durable qui m’ont interpellé. Je me suis demandé ce que je pouvais faire, à mon échelle.»
À cette époque, le jeune globe-trotter défend plusieurs causes. «Dès qu’il y avait une manifestation quelque part, j’étais là. C’était intéressant pour rencontrer des gens mais un moment donné, j’ai compris que pour faire réellement bouger des choses, il fallait que j’entre dans le système.» Il décide d’entreprendre un baccalauréat en géographie environnementale à l’Université de Montréal, suivi d’une maîtrise en géographie orientée vers la dynamique territoriale et le développement durable. Ses études l’amènent à travailler à la mise en place d’un forum social régional, dont la première édition a lieu au Saguenay-Lac-St-Jean, sa région natale, en septembre 2006.
Revenir vivre en région
À cette époque, il habite toujours la métropole québécoise. «À force de venir dans la région, j’ai rencontré des gens. J’ai senti que c’était le moment pour moi de revenir.» Il fonde la Coopérative de solidarité VERTE (pour «Vision Entrepreneuriale Régionale Touristique et Environnementale») avec cinq partenaires. «Notre but était de créer une aire économique dans laquelle toutes les parties prenantes sont complémentaires et s’entraident. Pas comme du troc, plutôt dans le respect de l’économie de marché. Les populations sont plus vulnérables hors des grands centres et il y a plus de pauvreté. Ici, un compétiteur devient un partenaire dans le développement régional. Notre objectif est de partager équitablement les bénéfices.»
Parmi les actions posés par le groupe, notons la gestion de deux gîtes, l’Auberge la Villa au Pignon Vert, qui fait la promotion des produits du terroir, et une auberge de jeunesse qui ouvrira ses portes en 2009. «Nous travaillons aussi à mettre en valeur les entreprises qui font de l’écotourisme. Nous souhaitons que les profits soient réinjectés dans notre économie. C’est important pour nous de conserver le capital patrimonial et humain dans la région.» Parallèlement à son engagement avec la Coop VERTE, Simon-Olivier a entrepris un doctorat en développement régional à l’Université du Québec à Chicoutimi qu’il prévoit terminer en 2013.
L’ouverture sur le monde
Au cours des dernières années, le jeune homme a eu l’occasion de passer plusieurs mois au Brésil tant pour ses études que pour le plaisir. L’été dernier, il est retourné en Amérique du Sud avec des collègues de la Coop VERTE afin de développer des partenariats en matière de tourisme solidaire. «Le volet international est important pour nous aussi», dit-il. Parallèlement, celui qui porte toujours plusieurs chapeaux organise des corvées populaires et divers événements en compagnie de ses collègues. Rien est négligé pour dynamiser le milieu!
Pourquoi continuer à consacrer autant d’énergie à ces projets, pour la plupart bénévoles? «On est sur Terre trop peu longtemps. Il faut partager et offrir notre soutien aux autres. Je m’épanouis là-dedans. Savoir que quelqu’un travaille parce que j’ai aidé à créer son emploi me fait très plaisir. C’est une sorte de vocation.»
Pour plus d’information sur la Coop Verte : www.coopverte.com