Lucien L’Heureux, 89 ans
La retraite utile
Lucien L’Heureux est à cent lieux de l’image du «petit vieux» qui passe ses journées à zapper devant la télé. À 89 ans, ce vétéran qui a foulé le sol de l’Europe pendant la Guerre préfère de loin occuper ses temps libres à aider son prochain.
Le bénévolat a toujours fait partie de la vie de M. L’Heureux. Après la Guerre, le jeune homme est retourné aux études afin de devenir chimiste. «L’entreprise qui m’a engagé encourageait ses employés à s’impliquer socialement», raconte-t-il. Il prend alors part à des activités bénévoles variées. Membre de la Légion royale canadienne, il oeuvre aussi avec les vétérans lors de campagnes de financement comme la vente des coquelicots (symbole du Souvenir au Canada), qui vise à recueillir les fonds nécessaires au soutien et à l'aide que fournit la Légion aux anciens combattants.
Il a 26 ans quand il convole en juste noce. Cinq enfants naissent de son union avec celle qui partagera sa vie pendant près de 40 ans. L’un d’eux est atteint d’une paralysie partielle du côté gauche et d’une déficience intellectuelle. Sa femme et lui deviennent des membres actifs de L’Association des handicapés intellectuels de la Vallée du Richelieu, alors que la famille vit à Beloeil. Dans la quarantaine, il joint également les rangs du Club Rotary, qui fait la promotion de l’entente entre les peuples.
Le bénévolat, aussi bon pour soi
En 1993, l’Alzheimer emporte la femme de M. L’Heureux. Six ans plus tard, il emménage dans une résidence pour personnes âgées de Montréal-Nord. C’est une amie qui lui suggère d’occuper son temps en faisant du bénévolat, idée qu’il embrasse d’emblée.
Depuis quatre ans, il donne ainsi un coup de main à la Société Alzheimer de Montréal quand l’équipe est débordée. «J’y fais du travail de bureau. J’aide à préparer des envois postaux.» Tous les samedis, il se rend également à La Maison du Père, qui accueille les itinérants depuis 1969. «Je m’occupe de remettre des vêtements propres aux gens qui viennent prendre une douche, raconte-t-il. Je fais aussi le service au souper. Mon rôle est d’être accueillant. Tout se passe dans le regard et le sourire.» Comme si tout cela n’était pas suffisant, il vient en aide aux personnes âgées – parfois plus jeunes que lui! – de la Résidence Angelica, une maison de retraite pour les personnes en perte d’autonomie de son quartier. «Le matin, j’accompagne les gens à leurs activités. Je vais les chercher à leur appartement et je les emmène là où elles ont lieu. En après-midi, je fais ce qu’on appelle des visites d’amitié. La directrice des bénévoles me prépare une liste des personnes qui doivent être vues. Je vais les rencontrer et les aider. Je vais parfois avec elles à la pharmacie, au dépanneur, ou tout simplement prendre l’air.»
Conscient de sa chance d’être aussi en forme à l’aube d’une nouvelle décennie, il se dit très touché par les gens qu’il côtoie dans le cadre de ses activités. «Je voulais trouver une occupation utile. Faire du bénévolat, c’est faire quelque chose de positif. Cela me procure une satisfaction personnelle d’avoir aidé quelqu’un. En apportant un peu de bonheur à d’autres, on s’en donne à soi.»
Pour en savoir plus sur la Société Alzheimer Montréal: www.alzheimermontreal.ca
Sur La Maison du Père: www.maisondupere.org
Sur Résidence Angelica: (514) 324-6110